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Today: Octobre 18, 2017

INTERVIEW A RADIO PLURIELLE

mp3skull.com/mp3/usmslt_hugues_lethierry.htm

http://www.francra.org/emissions/recentes/USMSLT_Hugues_Lethierry_Henri_Lefebvre.mp3

 

ENVIRONMENT AND PLANNING

(TRADUCTION DE LA RECESSION )

 

 

SAUVE QUI PEUT LA VILLE

 

(poème rap lu à la  présentation de Lefebvre chez l'harmattan en 2011)

Est-ce ainsi que vous aimez PARIS ?

Grande tour de métal  Haute reine,

Vous veillez sur le sompteux domaine,

Immobile au-dessus de la Seine

Et entendez au loin Notre Dame

Votre soeur et bien d'autres grandeurs

Chanter Paris encore en choeur

L'Arc étend alors ses galeries

Sur les champs triomple et féerie

Est-ce ainsi que vous aimez Paris ?


Sur les grands boulevards mille peines

De sombres que l'ennui entraine

Vers des nuits enfumées où trainent

Les exilés du simple et du coeur

Solitaires névrosés tricheurs

Et le jour soleil noir fumée sueur

Foule mille visages aigris

Roulent toujours sur les trottoirs gris

Est-ce ainsi que vous aimez Paris ?


Scènes ultime de la pièce urbaine

Sous un drap un homme dort en pleine

Rue .... et les passants que son corps gène

La neige tombe et lui demeure

Le froid l'élourdit depuis des heures

La ville punit les appauvris

Pourri vivre il faut payer le prix

Est-ce ainsi que vous aimez Paris ?


Les Anges déchus



Paru en 2011   "Sauve qui peut la ville"    éditions  L HARMATTAN

Etudes lefebvriennes

1er 2011

S’adressant à un large public - spécialistes ou non - les auteurs s’interrogent sur notre actuel "droit à la ville", le combat contre les aliénations, pour une réappropriation de l’humain, contre la ghettoïsation, la segmentation de l’espace scolaire, pour un pouvoir plus collectif. Tout un programme qui ne reste pas dans les seules "idéalités" et intéressera tant les acteurs sociaux que les urbanistes et éducateurs de terrain, soucieux de réhabiter et de réhabiliter l’espace [1].

Dir. Hugues Lethierry, préface de Andy Merrifield, avant-propos de Alain Bihr, aux Editions L’Harmattan, Collection Logiques sociales, en 2011.

Les auteurs :

  • G. Busquet, université Paris X
  • A. Cazetien, maire honoraire de Mourenx (64)
  • L. Costes, université d’Evry
  • D. Lesage, dessinateur
  • H. Lethierry, université Lyon 1 (IUFM)
  • J.-Y. Martin, agrégé, docteur en géographie et élu local
  • A. Mutuale, université Paris 8
  • A. Querrien, urbaniste
  • C. Revol, doctorante Lyon 3
  • S. Sangla, docteur en philosophie

Sommaire :

  • PREMIÈRE PARTIE : Les mots de la ville
    • L’espace (par J-Yves Martin)
    • Rythmes
    • L’Urbain (par J-Yves Martin)
    • La ville (par J-Yves Martin)
  • DEUXIÈME PARTIE : Une autre ville pour une autre vie
    • Le territoire d’Henri Lefebvre
    • H. Lefebvre modernité urbaine et exploration des possibles
    • Droit à la ville et planétarisation de l’urbain
    • Fragments d’une totalité
    • Un analyste de la société urbaine
    • Les “conditions” du maire de Mourenx
  • TROISIÈME PARTIE : Ségrégation dans l’espace éducatif
    • Une rupture dans la vie
    • La ghettoïsation dans l’espace urbain et scolaire
  • CONCLUSION :Certains naissent de façon posthume



Préface à « sauve qui peut la ville »

Éloge de la politique

par Andy Merrifield[1]

 

2009 a été une année significative dans l’histoire des études lefebvriennes françaises, peut-être même le tournant crucial, la redécouverte de l’un des penseurs français les plus longtemps méconnus dont la légitimité ne valait que pour l’export ! Il fallut pas moins que le cinquantième anniversaire de la réédition du chef-d’œuvre de celui-ci La Somme et le reste, un des plus grands travaux du xxe siècle philosophique et le plus grand texte du marxisme « pénitentiel » (seul L’Avenir dure longtemps d’Althusser s’en rapproche) un texte dans lequel s’épanche le cœur de Lefebvre et dans lequel il débarrasse le passé, mettant à plat les problèmes avec le parti, avec le stalinisme, avec le fascisme, avec lui-même.

 

L’autre moment significatif a été la parution de textes importants sur Lefebvre lui-même, notamment une monographie de Rémi Hess sur la « théorie des moments » de son maître, une exégèse de Laurence Costes sur Le Droit à la ville (commentant la réédition de l’original de Lefebvre) et la biographie intellectuelle d’Hugues Lethierry Penser avec Henri Lefebvre. Tout cela a été accueilli avec un intérêt considérable dans la sphère anglo-saxonne, comme dans la grande distribution. Il semblait enfin que les Français venaient à bout d’un philosophe trop communiste pour l’institution philosophique et trop philosophe pour le parti communiste.

 

De l’autre côté de la Manche et de l’autre côté de l’océan Atlantique, le passé politique de Lefebvre était peu cité, rarement compris complètement – et c’est peut-être une des raisons de son fréquent succès, dépolitisé, une vie académique comme urbaniste novateur, un postmoderniste prototypique, inventeur du concept de « vie quotidienne », géant de la pensée de l’espace, un théoricien de l’état, le meilleur ami de l’architecte utopique. En France, au contraire, il était simplement un communiste démodé, un homme de parti et, après l’écroulement du mur de Berlin, une indécrottable relique marxiste.

 

Dans un effort pour comprendre le pourquoi de ce sursaut d’études lefebvriennes et, en particulier pourquoi, maintenant, j’ai écrit un essai dans Society and space, la revue anglo-américaine bimestrielle, elle-même modelée sur le journal de Lefebvre lui-même Espaces et sociétés (bien que Lefebvre eut désapprouvé sans doute le retour de son titre !)[2].

 

Je n’ai pas mis longtemps pour noter le mérite remarquable d’un de ces textes, présenté par Hugues Lethierry, parce que, à mon avis, c’était le seul livre qui parlait de cette voix joueuse, iconoclaste, qui était celle de Lefebvre, une voix plus proche de Rabelais que de Descartes, plus près de Vailland que de Marchais, plus inspirée par Rimbaud et la Commune de Paris que par Lénine et la tempête du palais d’hiver. Souvent ce marxisme lefebvrien était tourné vers le groucho marxisme et le vieil Henri ne voulait appartenir à aucun des clubs dont il avait été membre.

 

Ce n’était pas l’étude la plus exhaustive sur Lefebvre – quelques chapitres de Penser avec Henri Lefebvre sont rapidement ébauchés – mais certainement le livre le plus aérien sur Lefebvre à cette date dans sa propre langue, et certainement le plus exubérant. Lethierry, me semble-t-il, a amené aux études lefebvriennes quelque chose qui avait été laissé de côté dans les études lefebvriennes françaises : un sens de l’humour, un sens de l’ironie (et de l’auto-ironie), une langue pas dans la poche adaptée au sujet en question (peut-être est-ce hautement surprenant pour un auteur qui est un esprit libre et indépendant et qui a déjà appelé un de ses livres Se former dans l’humour : mûrir de rire ?). Lethierry s’est débarrassé des lourdeurs de nous, les anglophones, associons à la France académique, et il a osé aller au-delà d’une lecture strictement textuelle de Lefebvre, nous donnant une profonde interprétation politique, une avec des dents, une qui mord.

 

Aussi, cela fait sens, compte tenu des intérêts politiques de Lethierry et de sa sensibilité marxiste. J’aime à penser que nous appartenons tous les deux au même Parti imaginaire et que nous sommes tous les deux des apprentis militants – et qu’il veut maintenant passer de la pensée à l’acte, de penser à l’agir, sachant très bien, d’un point de vue marxiste, que ces deux volontés s’interpénétrent, sont ontologiquement reliées : une pensée critique exige une action politique, agir politiquement nécessite une pensée critique, une manière de stratégie critique. Aussi une théorie marxiste de la connaissance « prouve » la vérité pratiquement, dans l’action, à travers la praxis collective : l’action, en bref, vérifie toute affirmation marxiste, les notions de vérité et d’erreur, les idéaux sur le possible et l’impossible.

 

Dans sa dernière publication Agir avec Henri Lefebvre, les autres études rejoignent Lethierry dans l’action, essayant ensemble de mettre en pratique les vérités lefebvriennes. Ils ont ensemble essayé de déposer le moment lefebvrien pour se battre aujourd’hui, lorsque c’est le plus nécessaire, lorsque c’est le plus urgent. Plutôt que de simples interprètes de Lefebvre, ici nous avons des tentatives de dépasser Lefebvre et se dépasser soi-même et le monde, un monde qui a désespérément besoin de changement. Comme Agir avec Henri Lefebvre l’affirme : « il s’agit ici de dialoguer avec Henri Lefebvre, de prendre notre parole, impulsée par la sienne, pour penser l’agir non seulement comme action mais aussi comme décision ; c’est-à-dire expression du mouvement intérieur de la liberté dans le quoi faire ».

 

On nous offre maintenant un lexique de termes clés lefebvriens, un abécédaire entendant être un manuel d’usage pratique pour les acteurs, un guide pour l’action immédiate, pour prendre des décisions et des risques, d’autres sections du livre discutent de paragraphes sur l’autogestion, comme de changer la vie quotidienne, comme le droit à la ville, la production de l’espace, etc. mais il y a aussi des interprétations neuves, les angoissantes réinterprétations dans la France de Sarkozy avec sa fragile hégémonie, de solutions que Lefebvre a seulement indiquées : la question de la citoyenneté, de l’exclusion sociale et spatiale dans les banlieues, la « ghettoïsation dans l’espace urbain et scolaire », de la « critique de la vie quotidienne à l’économie » et de « la critique du concept de fin du travail ».

 

Outre tout cela, les idées de Lefebvre sur la « nouvelle citoyenneté » nous renvoient à un « Lefebvre écologiste », à un Lefebvre qui semble virer vers André Gorz, jusqu’à ce que, tout d’un coup, il s’arrête, puisque nous avons affaire à un penseur qui combat toujours dans une lutte de classe, qui croit toujours aux capacités révolutionnaires du prolétariat, qui n’accepte pas que ce capitalisme soit devenu « immatériel ».

 

Un autre thème est l’école et la pédagogie, un aspect fascinant et sous-estimé d’un enseignant dévoué qui a touché des jeunes, beaucoup d’étudiants, dont Lethierry lui-même, Dany Cohn-Bendit inclus, et le récent défunt Daniel Bensaïd, les radicalisant tous, laissant quelque chose en eux qui peut difficilement être oublié[3].

 

Au-delà, les idées de Lefebvre agissent sur la scolarisation elle-même ou plutôt sur la déscolarisation : apprendre à réapprendre et désapprendre les doctrines bourgeoises, déprofessionaliser le processus éducatif ; ses credos sur la place de chacun, son curriculum qui brise la créativité et réprime la pensée et l’expression libre.

 

Comme Agir avec Henri Lefebvre le montre clairement, les concepts de Lefebvre sont pratiquement vivants, prêts à être « exploités » pratiquement, à l’école, dans le voisinage, la vie quotidienne, prêts à « éclater » (un des termes favori de Lefebvre) dans les rues. Par-dessus tout ils sont prêts à remplir la vie intellectuelle qui paralyse la France d’aujourd’hui. Comme les banlieues suburbaines en lutte contre la coercition, et comme la « racaille » résidente demande son « droit à la ville », l’urbanisme de Lefebvre tranchant avec le morne consensus. Comme la longue marche néo-libérale à travers le globe continue, les propos lefebvriens sur l’état et sur la production de l’espace ne semblent jamais plus vrais. Comme le pouvoir devient plus centralisé dans les mains de quelques décentralisateurs, les idées de l’autogestion conquièrent le cœur et l’imagination de ceux qui cherchent quelque chose d’autre, une autre signification à leur vie, une autre sorte de praxis, d’autogestion de leur quartier, un autre système d’éducation dans lequel ils se sentiraient agissant. Aucun système de contrôle ne peut être total, Lefebvre argumente toujours, ne peut être sans possibilités, contingence, sans brèches, sans étincelles de lumière, plaisanteries discrètes et poches d’air frais.

 

Il y a toujours des issues vers la culture et la société, même dans le capitalisme, même dans le capitalisme de Sarkozy, les circonstances enfermées dans le quotidien, des moments de subversion en perspective. Hugues Lethierry note justement que Lefebvre ne voit pas de réelle distinction entre anarchisme et marxisme, et se bat pour un marxisme relâché – un altermarxisme – qui pose l’autogestion des citoyens et travailleurs, plutôt qu’une stricte dictature du prolétariat.

 

Lefebvre déteste l’État et les institutions établies, parlant souvent de l’État comme Nietzsche a parlé, dans Ainsi parlait Zarathoustra, de « l’État le plus froid de tous les monstres froids. Il ment froidement et ce mensonge sort de sa bouche : “Moi, l’État, je suis le peuple” ». Lethierry a noté quelque apparents détails mineurs et peu connus de la vie personnelle de Lefebvre qui ont des conséquences politiques de longue durée, comme son amitié avec le romancier et prix Goncourt Roger Vailland, un temps son camarade de parti, renégat du surréalisme, résistant, et à l’âme libertine. Vailland et Lefebvre maintinrent des liens étroits et une « grande complicité » (comme le note Lefebvre dans Le Temps des méprises, p. 55) jusqu’à ce que le premier meurt en 1965. Ils partageaient des penchants communs pour les femmes et la politique radicale, l’alcool et la bonne vie.

 

Le goût chevaleresque de Vailland et Lefebvre pour philosophie et politique fusionne avec leur goût commun pour les femmes. Tel est le « style » lefebvrien, un style situé entre fluidité et remous, quand la pensée devient telle un vagabondage, telle une ballade dans la ville ou dans la campagne un dimanche après-midi : plus rhapsodique et musicale que fixée et analytique. Penser avec Lefebvre, comme Lethierry l’a fait dans son dernier livre, est penser capricieusement, c’est être un semeur capricieux qui jette les semences dans le vent, sans gestuelle manuelle, sans se soucier du fait qu’elles germent ou pas. Une image politiquement incorrecte pour sûr, cependant plus juste que les théories crispées et jargonneuses constructions que nous rencontrons si souvent dans les études académiques, cela nous amène plus près de Lefebvre, de sa personne vivante et de sa pensée d’homme. Cela nous amène plus près, en bref, du philosophe dont nous avons le plus besoin, de celui qui a, toute sa vie, agi (souvent quand la route était très dure) et qui peut encore aujourd’hui nous montrer comment agir dans les débris laissés par la crise, avec ses dépressions économiques et notre apathie politique prévisible[4].

 

Ensemble, nous les lefebvriens francophones ou autre chose (nous sommes tous lefebvriens ?) nous pouvons nous apprendre afin de faire quelque chose de significatif aujourd’hui, quelque chose de nécessaire politiquement, de même que le vieil homme fit avec les contradictions formelles de l’hégélianisme hier. Lefebvre ne se contentait pas de savoir seulement ce que Hegel pensait, ce que Marx pensait, ce que Nietzsche pensait, il voulait toujours tirer les conséquences politiques de leurs idées dans son vieil âge, appliquant leurs propositions au présent, aux événements courants, à la société réelle d’aujourd’hui. Nous devons faire ce pari nous-même, poursuivre La Somme et le reste, nous devons continuer à examiner « la somme » de ce qu’a réalisé Lefebvre en même temps comme pionnier du chemin pour le « reste », pour l’inaccompli, pour l’aspect encore inédit de cet héritage. Agir avec Henri Lefebvre nous fait franchir un pas important le long de cette route politique. Pour cela un livre au sous-titre officieux : Éloge de la politique.

 

Comme Lefebvre pour Vailland, Lethierry et ses compagnons d’Agir avec Henri Lefebvre plaident pour quelque chose de terriblement moderne :

 

« J’en ai par-dessus la tête qu’on me parle de planification, d’études de marché, de prospective, de cybernétique, d’opérations opérationnelles : c’est l’affaire des techniciens. Comme citoyen, je veux qu’on parle politique, je veux retrouver, je veux provoquer l’occasion de mener des actions politiques (des vraies), je veux que nous redevenions tous des politiques. Qu’est-ce que vous faites, les philosophes, les écrivains, moi-même, les intellectuels comme on dit ? Les praticiens ne manquent pas, ce monde en est plein. Mais les penseurs politiques ? En attendant que revienne le temps de l’action, des actions politiques, une bonne, belle, grande utopie (comme nous pensions en 1945 que “l’homme nouveau” serait créé dans les dix années qui allaient suivre) ce ne serait peut-être déjà pas si mal »[5].

 

São Paulo, le Brésil, mars 2010.

 

 


[1] Andy Merrifield est chercheur indépendant et auteur plus récemment de Guy Debord (Reaktion, 2005), d’Henri Lefebvre : A critical introduction (Routledge, 2006), et de L’Âne de Schubert (Actes Sud, 2008). Son dernier livre, Magical marxism, paraîtra plus tard dans l’année chez Pluto Press (Londres).

[2] Voir Andy Merrifield, “The Whole and the rest : Rémi Hess and les lefebvriens français”, Society and space, 2009, vol. 27, pp. 936-949.

[3] On doit rappeler cependant que la relation de Lefebvre à la France académique était loin d’être solide. Longtemps il fut dedans et dehors, à la recherche de postes et devint seulement titulaire à l’université de Strasbourg en 1963, à l’âge de 63 ans. À 65 il muta vers Paris X-Nanterre, participa au mouvement étudiant du “22 mars” et finalement se retira en 1973. C’est une longue carrière inégale, interrompue, qui donne espoir à des sceptiques comme moi !

[4] L’ancien ami et co-conspirateur de Lefebvre, Guy Debord, le nota dans ses Commentaires sur la société du spectacle (Gallimard, Paris, 1988, p. 37) : « C’est la première fois, dans l’Europe contemporaine, qu’aucun parti ou fragment de parti n’essaie plus de seulement prétendre qu’il tenterait de changer quelque chose d’important. »

 

[5] Éloge de la politique de Roger Vailland (Le temps des cerises, 1999, p. 27-28). L’appel passionné de Vailland pour l’engagement politique – pour le “combat politique” – pour dépasser l’inaction et la désillusion personnelle a d’abord été publié en 1964 dans Le Nouvel observateur. Faisant une relecture fascinante aujourd’hui, dans notre propre « fin de la politique», l’essai parle beaucoup de ce que Lethierry et al. essaient de faire avec l’utilisation d’Henri Lefebvre : « Se conduire en politique, c’est agir au lieu d’être agi, c’est faire l’histoire, faire la politique au lieu d’être fait, d’être refait par elle. C’est mener un combat, une série de combats, faire une guerre… » (p18).

 

 

PENSER AVEC HENRI LEFEBVRE :  Sauver la vie et la ville

 

 

HL_penser_avec_Lefebvre

édition électronique réalisée par l'espace MARX : "la somme et le reste"

Penser avec Lefebvre  d'Hugues Lethierry

(Nouvelles Loire-Atlantique n°878  22 /10/09)

Il y a juste un an, nous soulignions ici même l'actualité de la pensée d'Henri Lefebvre (voir NLA n°849).

Elle s'est confirmée d'abord par la publication d'un livre intéressant de Laurence Costes sur le « Droit à la ville »(.1), Avec ce nouveau livre, Hugues Lethierry propose aujourd'hui une nouvelle biographie d'Henri Lefebvre ( 1900-1991), dans un style tout personnel qui lui permet de réussir parfaitement cette gageure: présenter de manière abordable un penseur, réputé difficile, mais sans rien céder sur le fond, en faisant preuve d'une culture marxiste sans faille et d'une érudition philosophique impressionnante"

Extrait de l'avant-propos," André Tosef.

Hugues Lethierry assume sa subjectivité et donne ce qu'il nomme avec humour une égo biographique mais son égo n'est jamais envahissant et ne tire pas la couverture  à lui, Cet égo c'est en fait ce Lui d'un "nous", celui des intellectuels qui ont voulu se frotter au monde tel qu'il était et où la pensée-Marx était Oratoire : il est celui de l'enseignant de pédagogie et du militant, qui dut vivre le reflux et l'échec du communisme soviétique et l'effacement médiatique des marxismes et qui apprit cependant de Lefebvre, plus que l'art de résister, l'art et le savoir de la contre-attaque sur des chantiers nouveaux ou se jouent encore les batailles de demain, la vie quotidienne, la ville, l'espace et l'État.

Cet enracinement subjectif donne à cette biographie une" vivacité" surprenante qui donne à lire avec plaisir une recherche nourrie de documents d'archives, d'informations de tous ordres où interviennent harmonieusement toutes les voix de cette histoire, sans acrimonie, sans ressentiment, toujours accompagnée d'une érudition d'historien impressionnante (...), Lethierry veut avant entraîner son 1ecteur, donner une idée d'ensemble d'un parcours singulier, étonnant et plein de rebondissements, celui d'un lutteur aussi soup1e et autocritique que ferme sur ses espérances de communiste. Lethierry guide son lecteur dans cette excursion au sein de ce volcan toujours en éruption. La vie et sa pensée de celui qui fut en fait avec Althusser le plus important des marxistes français du siècle et un inventeur de problématiques. I1 veut nous donner envie de lire et de 1e repenser, c'est-à-dire de penser avec ce dernier comme ce dernier, penser avec Ies autres».

 

Extrait de la Préface de Rémi Hess'

Le travail d'Hugues Lethierry m'apparaît du plus grand intérêt, car il se situe au niveau du mouvement général du penseur et non dans un secteur; un domaine, un moment particulier de son œuvre. Entre 1988 et 2009, il n'existait pas de livres de synthèse, dans la langue de Lefebvre.

Grâce à cet ouvrage d'Hugues Lethierry sur « Penser avec Lefebvre » cette année s'annonce comme une rupture, un grand cru des études lefebvriennes françaises, puisque plusieurs éditions de Lefebvre sont annoncées